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      L'Atlantide de Platon ou, de l'autre côté de l'Atlantide

Je ne suis sûr de rien et de cela même, je ne suis pas certain...

                                     

L’Atlantide de Solon

Atlantide de Solon car si l’on accepte de croire Platon qui rappelle avec insistance que son histoire de l’Atlantide est bien réelle, Solon, ce sage grec des 6 et 7èmes siècles avant Jésus Christ, est au fond à la source même de ce merveilleux mythe qui a bercé nombre de rêveurs, d’aventuriers qui ressentaient peut être le besoin de lâcher les brides, pour un temps, de leur imaginaire dans des aventures lointaines allant bien au delà de celles de leur vie quotidienne.

Solon, reconnu comme l’un des sept Sages de Grèce, a vécu de -630 à -558 découvrant la vie dans une famille d’Eupatrides peu fortunée mais partie de l’élite Grecque au pouvoir à Athènes. Il fit cependant fortune dans le commerce d’huile par la suite et ses voyages, dans le monde alors connu, lui ont permis d’acquérir une ouverture d’esprit bien réelle dans un monde où cette dernière était parfois limitée aux frontières de la cité.

« L'environnement barbare » commençait en effet souvent, en Grèce et à cette époque, juste au-delà des limites du pays. Ce dernier était lui-même parcouru de fractures sociales profondes essentiellement fondées sur l’excès de pouvoir des citoyens les plus riches sur les plus faibles comme, pour exemple bien connu, le cas de ces paysans endettés devenant souvent esclaves du créancier pour non-remboursement de leur dette, avec confiscation de leurs terres bien entendu. (lois de Dracon) ;

L’action politique de Solon, visant à faire cesser cette lutte civile entre les factions sociales, promut la mise en place des institutions d’une cité classique, ou plus moderne, avec la création en particulier de classes censitaires permettant par exemple la répartition du poids de la charge publique en fonction de la richesse du citoyen, ou encore, la reconnaissance des filles en matière d’héritage ou également la fin de l’esclavage pour dette précitée, etc...

« Après la promulgation de ses lois, Solon, suivant l’usage traditionnel, fit jurer aux magistrats de les conserver intactes pendant dix années et s’éloigna d’Athènes pour recommencer à travers l’Orient de longs voyages où l’histoire perd sa trace et où la légende seule a pu le suivre »

-Louis Combes 1861- La Grèce ancienne-

Platon a quant à lui vécu entre -428 et -347 ; Il naquit également dans une des familles les plus illustres d’Athènes ; Il semble qu’il était proche ou parent éloigné de Solon par sa mère.(tableau généalogique des Dropides par Luc Brisson Gf Flammarion p328)

Dans le cadre d’une discussion philosophico-politique sur la cité idéale, Platon prie son oncle ou grand-père Critias de raconter une histoire que celui-ci a lui-même puisée il y a bien longtemps d’écrits de Solon déposés chez son propre père. C'est le récit de cette discussion que l'on retrouve, entre autres, dans les deux textes Timée et Critias que Platon a écrit entre -370 et -347 et dans lesquels l'on peut puiser le mythe de l'Atlantide.

Sujet toujours à la mode, l’Atlantide fait rarement le plein chez les archéologues, scientifiques heureusement avides de faits exacts et pouvant raisonnablement être établis. On en est loin dans le cadre de l’Atlantide puisque, quelle que soit l'hypothèse retenue, pas même un gramme du mythe ne trouve de certification factuelle…Les discussions dans le Timée et le Critias rentrent certes dans le cadre d’une allégorie philosophique et politique mais l’on ne peut passer trop rapidement sur l’insistance de Platon à en assurer la réalité ;

L’alternative est simple ; On recherche donc une vielle cité sous les eaux avec un panneau indicatif « Atlantide », ou il convient d’accorder au mythe une base bien réelle, inévitablement remplie de dérives dues au temps et aux déformations, conscientes ou pas, de la transmission narrative. On reprend dans ce cas les deux textes, courts, de cette histoire incroyable et l’on joue les "Indiana". C’est déjà une aventure qu’un certain nombre d’historiens plus modernes a tout de même tentée.

Rappelons pour mémoire et pour encourager le lecteur dans sa démarche que le plus beau cas de découverte de ville enfouie et perdue pour toujours demeure celle de Troie redécouverte en 1871 par Henrich Schliemann, alors aventurier fortuné sans grand diplôme, en relevant les indices jugés pertinents dans les longs poèmes épiques d’Homère, l’Iliade et l’Odyssée, de Virgile également, l’Eneïde, et en menant des fouilles d’amateur, ou d’époque, dira-t-on compte tenu des dégâts causés au site.

Tout ce que l’on connaît de l’Atlantide trouve donc sa source dans ces deux textes de Platon, le Timée et le Critias, sous la forme de discussions à propos de l’origine de l’univers, de la cité idéale et.. de la Grèce bien entendu. Dans ce qui nous intéresse ici, l’on ne retiendra que les parties concernant la discussion philosophico-politique portant sur la cité idéale dans laquelle se loge la légende de l’Atlantide. Et l’on suivra le fil de cette discussion un peu comme si l’on y était en simple auditeur-intervenant. Ma référence sur les deux textes du Timée et du Critias de Platon repose sur le « Platon » de Luc Brisson aux éditions GF Flammarion.

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